Construire des médicaments meilleurs et moins chers : la vision de M. Andreas chez Nanologica
Rejoignez M. Andreas Bhagwani, alors qu'il évoque la technologie ARNm, l'accès à des médicaments abordables et la mission de Nanologica visant à améliorer les résultats pour les patients dans le monde.

Andreas Bhagwani est le CEO de Nanologica AB, où il dirige des travaux pionniers sur la purification des ARNm et des peptides, garantissant les normes les plus élevées en matière de qualité et d’efficacité des médicaments. Fort d’une décennie d’expérience en direction dans le domaine de la nanotechnologie et de la santé, Andreas joue un rôle clé dans l’avancement des systèmes d’administration de médicaments. Il est également cofondateur et administrateur d’Atrogi, une entreprise dédiée à de nouveaux traitements du diabète, et a cofondé d’autres entreprises à impact telles que Sigrid Therapeutics et Gender Timer. Connu pour son engagement en faveur de l’innovation en santé, le travail d’Andreas se concentre sur le développement de solutions transformatrices répondant à des défis médicaux cruciaux.
Pharma Now: Hello, Mr. Andreas Bhagwani! Bienvenue sur Pharma Now. Vous êtes le PDG de Nanologica, et je sais que Nanologica mène certains projets uniques en matière d’innovation dans la technologie de l’ARNm. Mais avant d’aborder cela, permettez‑moi une question hors sujet : aujourd’hui, vous avez pris l’avion pour me rejoindre en personne en Inde. Est‑ce votre première fois en Inde ?
Mr. Andreas: Well, It’s a long story. But, long story short: my family is Sindhi, and I am an Overseas Citizen of India (OCI). My mother is Swedish, I was born in Spain, and I live in Sweden.
Pharma Now: Wow, c’est intéressant. Qu’est‑ce qui vous a donné envie de fonder Nanologica ?
Mr. Andreas: That’s a fascinating story: A guy I knew came to me and said, “Will you look into this cool stuff?” I agreed and started working on it. In the process, I became the CEO of Nanologica. Fast forward 10 years, unfortunately, the cool thing we were working on was utterly useless. It was scientifically excellent, but you cannot build a product from it.
Pharma Now: Pouvez‑vous nous dire quel était le produit ?
Mr. Andreas: Well, it was a silica product. We’re working on something similar now, but that product could not be used for anything. So, when we realized that it could not be used, we decided to start a program for a new product. We canned that project three years after starting it because it was no good. Still, we had already begun this third program. Today, the products we are selling at Nanologica are made from scratch.
Nanologica is a silica company. Silica is one of the most common minerals in the world. It is mainly used for peptide purification. So, if you have a specific form of silica, you can purify peptides like insulin or GLP-1. There used to be only two silica suppliers in the field. Today, we are the third supplier of silica. Our product lasts longer and purifies better than that of our competitors. That’s why there is growing interest in our product. Achieving this took a very long time–from the inception of the idea to actual sales. The first two ideas were canned.
When we started promoting this product, people asked, "Can you do this? Can you do that?” One customer asked, “Can you manufacture a specific type of chromatography product purification media?” We said, “Well, we can look into it, and maybe we can develop that!” Then, we manufactured a product complementary to our silica product, which also took 2 years. Now, we have also started working on another type of product, which is quite different.
Pharma Now: Alors, comment décidez‑vous quels produits fabriquer et quels projets poursuivre ?
Mr. Andreas: Our vision at Nanologica is to make cheaper and better medicine for more patients. This means that if our products do not provide significantly better or more affordable treatment, we won’t be doing it. We won’t work on a product if it is slightly better but has a much higher cost.
Pharma Now: C’est un excellent objectif, surtout quand on entend des personnes accuser les entreprises de ne viser que le profit et pas la santé des patients. Quelles mesures prenez‑vous pour concrétiser cette vision ?
Mr. Andreas: Products like insulin or GLP-1, I am sure you know, are called ‘diet drugs’ or ‘magic diet drugs’. Financial analysts say that this market will be worth 30 or 100 billion dollars in a few years. But, at the same time, more drugs of the same type are going to be manufactured in this exact growth period, which may be highly priced. But, when the patents of existing drugs expire, their prices need to decrease if they want to keep their market share.
So, for example, if the cost of insulin goes below a certain threshold, we can start treating more people who couldn't be treated today. In such a scenario, two things will happen: First, public health will improve massively. Second, the amount of insulin manufactured and sold will increase because there will be many more patients who can afford it. So, this is just one example of how we are trying to be true to our mission: nous essayons de réduire le coût de production.
Pharma Now: Je comprends que vous travaillez en tant que fournisseur, vous fournissez de la silice. Alors, comment cela affecte-t-il le coût de production des médicaments ? Quel impact cela aura-t-il sur le traitement d’une personne ?
M. Andreas : Du point de vue d’un fournisseur, il y a deux façons de diminuer le coût pour nos patients. Premièrement, nous devons utiliser une technologie nettement meilleure afin que la purification soit plus rapide ou que le produit dure plus longtemps. Les deux contribuent à réduire les coûts car le patient n’aura pas de produits qui expirent en peu de temps. L’autre méthode est d’offrir un produit de chromatographie moins cher et moins critique, comme la silice ou d’autres types de milieux.
En ce qui concerne la technologie de l’ARNm, c’est très important car plusieurs études ont montré que les produits chimiques essentiels représentent 67% du coût total de fabrication, y compris le CapEx. Donc, si nous pouvons réduire le coût des produits chimiques essentiels, nous pouvons considérablement diminuer le coût total de fabrication, ce qui réduira le prix des médicaments et baissera le coût de la technologie ARNm.
C’est très important car la technologie ARNm est simplement très coûteuse en ce moment. C’est une technologie très polyvalente qui peut être utilisée pour atteindre de nombreuses thérapies. Elle est rapide et relativement peu coûteuse à développer, mais les médicaments développés sont très onéreux. Surtout pour l’Inde. Nous sommes en Inde en ce moment, donc je ne parlerai pas de l’Amérique car l’Amérique peut payer 4 million de dollars pour une nouvelle thérapie individualisée contre le cancer du pancréas.
Pharma Now: Donc, lorsque vous dites que la technologie ARNm est assez coûteuse mais qu’elle peut aider à réduire les coûts, dans quelle mesure peut-elle réellement impacter les coûts ? Si les entreprises devaient réduire les coûts en matière d’ARNm, comment pourraient-elles y parvenir ?
M. Andreas : Pour nos produits de chromatographie, c’est peut-être 20 %. Pour l’ARNm, cela dépend aussi d’autres produits. Cependant, cela peut être au moins 15–30 %, selon combien de produits nous pouvons remplacer, mais c’est significatif. Il y a deux façons d’y parvenir, spécifiquement dans le domaine de l’ARNm.
La première est de fabriquer en utilisant des équipements à grande échelle. Nous faisons cela pour nos autres produits en ce moment. Donc au lieu de fabriquer des produits dans un réacteur de 1 litre, nous fabriquons des produits dans un réacteur de 800 litres ou 2000 litres. Ce n’est pas nécessaire pour l’instant, mais cela réduit les coûts. L’autre voie est la qualité. Quand vous dites « rendre ça moins cher », il faut garder la qualité à l’esprit tout le temps car la plupart des gens font des compromis sur la qualité en essayant d’offrir une technologie moins chère. L’industrie doit faire attention à ne pas faire cela pour l’ARNm. Parce que si nous essayons de réduire les coûts en utilisant des produits chimiques impurs — qui laissent des résidus — ce serait un désastre pour les patients.
Pharma Now: C’est intéressant ! Quel est votre point de vue sur la technologie ARNm ? Quel avenir pour l’ARNm ?
M. Andreas : La COVID nous a montré à quel point la technologie ARNm est rapide et rentable du point de vue du développement. Je suis assez intrigué par l’ARNm car l’ARNm brouille les silos des vaccins. Je pense que l’oncologie est l’exemple parfait où l’on peut avoir des vaccins avec l’ARNm. Si vous combinez oncologie et vaccins ARNm, certains groupes de patients peuvent bénéficier de traitements prophylactiques. En utilisant l’IA, nous avons fourni des médicaments individualisés à 600 patients aux États-Unis, et chaque patient a payé 4 million de dollars.
L’IA peut aussi être utilisée pour analyser des ensembles de données et parvenir à des conclusions prophylactiques sur les endroits où nous pouvons tester des produits ARNm. Mais j’espère que de nouveaux développements arriveront rapidement, surtout en Inde, qui a une population si importante et tant de personnes intelligentes.
Pharma Now: Alors, à quoi devrait ressembler l’avenir pour Nanologica et quelle est votre feuille de route pour l’entreprise ?
M. Andreas : Je dirais que j’ai élaboré une carte pratique, mais sa mise en œuvre prendra beaucoup de temps. Je travaille avec un client depuis 2017. Maintenant, nous commençons à obtenir des réactions. Pourtant, nous devons identifier des opportunités pour faire économiser de l’argent à nos clients et poursuivre des opportunités commerciales qui conduisent à des médicaments meilleurs et moins chers pour plus de patients.
Pharma Now: Certainement. Donc, prévoyez-vous de vous étendre sur le marché indien ou sur d’autres marchés internationaux ?
M. Andreas : Parce que nous vendons nos produits aux fabricants, l’Inde et la Chine sont des marchés très importants. Nous sommes présents sur ces marchés depuis un certain temps. S’il y a un déplacement de la demande pour certains produits hors de Chine pour des raisons géopolitiques, je crois que la demande devrait se tourner vers l’Inde.
Pharma Now: Oui, je pense que cela offrira à l’Inde une énorme opportunité de consolider sa position dans le classement international. Même si j’ai apprécié notre discussion, malheureusement, je pense que notre temps arrive à son terme. Merci Monsieur Andreas d’avoir pris le temps de parler avec Pharma Now. Ce fut excellent de vous avoir parmi nous.
M. Andreas : Ce fut agréable d’être ici. Merci.
Reporting on the science, business and regulation shaping the pharmaceutical industry.
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